18 août.
On se met en route un peu avant 10 heures. Il fait 35 degrés et toujours ce climat subtropical qui donne un ressenti au-delà de 40. On n’a quasiment pas petit déjeuné. Après une nuit hachée, je me suis éveillé à 8h45 et on est arrivé au petit déjeuner à 9h. Tout était déjà rangé; on nous ressort quelques éléments.
On sort de la ville, on retrouve des échoppes de marchands ambulants. Ici, il s’agit de vente de jus de grenade d’Huaiyuan. Toute la première partie sur la G329 nous offre une alternance de zones agricoles et de cultures et de zones d’activité économique. Néanmoins, activité est un bien grand mot. A beaucoup d’endroits, il y a des immeubles énormes mais autour desquels il n’y a pas un seul véhicule et qui ont l’air d’être vides. Erreur de programmation ou alors la crise économique a aussi frappé la Chine et ces entreprises ont disparu ?
Pour la première fois, un panneau indique notre prochaine grande ville, Nanjing, qu’il est possible de rejoindre par l’Expressway G36. A un moment donné, on observe, et c’est la première fois que j’en vois une, une prison. Lorsqu’on est dans les zones agricoles, il y a aussi des habitations et on peut constater que lorsqu’on rénove les toitures, on enlève les vieilles tuiles pour y mettre des plaques métalliques bleutées. Je me demande comment on peut gérer la chaleur avec pareilles toitures.
A peu près à moitié du trajet, on tourne à droite pour emprunter un pont au-dessus de la rivière Huai He qui, longue de 1 078 km, prend sa source dans le Henan mais coule principalement au travers de l’Anhui et du Jiangsu. On considère souvent qu’elle marque une coupure entre Chine du Nord (et les noodles) et la Chine du Sud (et le riz), bien que l’on situe aussi parfois cette limite sur le Yangtze. On peut voir de belles décorations sur les poteaux et filmer un convoi de transport fluvial où le bateau-remorqueur tire pas moins de 9 barges accouplées. Nous sommes en face de la ville de Huaiyuan. Un peu plus loin, ce sera celle de Bengbu. Et à partir de ce moment-là, nous sommes dans une zone fortement urbanisée, un décor urbain. Nous sommes sur un périphérique au sud. A gauche c’est la ville, à droite ce sont les campagnes. Mais avant cela, avant et après la traversée du fleuve, voilà que nous avons un peu de dénivelé et des montagnes de part et d’autre. Voilà qui nous change de la monotonie des décors tout plats.
Le long de ce boulevard périphérique, on découvre de grosses entreprises technologiques. Et on retrouve le standard de l’habitat urbain, les tours de 29-30 étages portant chacun 6 à 8 appartements, ce qui fait par tour 200 à 250 logements. Le passage le long des villes nous fait découvrir toute une série de bâtiments différents. Un qui donnerait l’impression qu’il s’agit d’une église, d’autres à vocation culturelle. Et même un hôtel d’une chaîne présente dans beaucoup de villes, sous l’enseigne Vienna International.
Je suis observé et salué par des adolescents sur leur mobylette. Et il n’y a pas un jour où on ne voit pas un transport d’escabelle. Il y a aussi les enfants sur le bord de la route.
La diversité de bâtiments est grande, pour répondre aux différentes fonctions de la ville. A un moment donné, deux attirent notre attention, parce que complètement peints en rose.
Nous arrivons après 73 km dans notre ville de destination, Fengyang, ville natale du paysan orphelin Zhu Yuanzhang. Après avoir pris la tête d’une armée rebelle victorieuse de l’envahisseur mongol, celui-ci se proclame premier empereur de la dynastie Ming (1368-1644) sous le nom de Hongwu. À Fengyang, il fait ériger par un million d’hommes la plus luxueuse cité impériale de Chine. Avec son gigantisme à nul autre pareil, la capitale du Milieu devient un modèle. Pourtant, peu avant la fin de sa construction, Hongwu annule tout, en proie à de funestes présages. Abandonnée, la capitale est démantelée et tombe dans l’oubli pendant six siècles, enfouie sous terra sauf un bout de muraille. Ce n’est qu’en 1969 qu’elle refait surface. Cette année là, l’historien Wang Jianying subit de plein fouet la révolution culturelle. Il est envoyé dans un camp de rééducation à mille kilomètres de Pékin, dans la petite ville de… Fengyang. C’est lors de ses rares moments de liberté qu’il découvre la muraille. Il prend des notes, fait des croquis… pour en déduire que la ville a dû être une ancienne capitale impériale… les fouilles n’ont commencé qu’en 2015…
Aujourd’hui j’ai passé les 4000 km roulés en Chine. Il en reste un peu plus de 500 et 8 étapes.
Photo sur Polarsteps.
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