Quand vient l’Anhui

19 août

La nuit a été hachée la faute aux moustiques qui se sont lancés dans plusieurs raids aériens. C’est le réveil qui me sort de mon sommeil à 8 heures. Je ne sais pas trop dans quel état physique et mental je vais être. En fait, j’ai un baromètre depuis que je suis en Chine pour jauger de cela. C’est lié à des éléments de savoir-vivre pour lesquels notre culture et la culture chinoise ne sont pas seulement différents, mais opposés. Des pratiques en Chine font partie des choses bannies du manuel de savoir-vivre à destination des jeunes filles de bonne famille. Il s’agit de se racler la gorge bien profond et de cracher, ou de se moucher sans mouchoir en bouchant une narine et en soufflant dans l’autre pour la vider sur le sol. Ces pratiques sont celles de la vieille génération. Puis il y a le fait de roter de manière sonore, à table en plus, ou au lieu de porter les aliments à la bouche, de porter la bouche à l’assiette pour aspirer bruyamment ce que les baguettes ne permettent pas de saisir. Lorsque ces comportements, que je rencontre quotidiennement, m’irritent, je sais que je suis un peu fatigué. Par contre, lorsque je le prends avec détachement, en me disant « ben oui… », je sais que je suis davantage reposé. Aujourd’hui je prends cela avec détachement.

En sortant du petit déjeuner, je découvre sur les murs du hall de l’hôtel des pubs pour les pompiers, et comme il y en a plusieurs dans la famille de Joëlle, j’envoie les photos en Belgique.

On démarre sous 35 degrés, mais, est-ce que c’est l’habitude qui se prend, ils me semblent moins étouffants que les jours précédents. On se met en route tranquille et on découvre un certain nombre d’éléments de Fengyang, notamment un impressionnant centre d’activité pour la jeunesse, des bâtiments modernes ou des éléments de l’histoire, des coins de rue qui peuvent à la fois être d’énormes enseignes publicitaires ou des bâtiments où on a voulu garder des éléments de l’histoire. Les barres d’immeubles ont l’air d’avoir mis leur chapeau et un système d’arrosage se déguise en arbre.

Après la sortie de ville, on est d’abord le long d’une grande route sur une voie réservée aux deux roues et on peut y observer un échassier. En effet, il y a autour beaucoup de zones humides. On a prévu de faire un détour pour une visite culturelle, dès lors à un moment donné nous prenons une route qui va nous permettre de traverser des villages. Depuis deux ou trois jours, il y a des plaques indiquant leur nom à l’entrée. Dans ces villages-ci, je peux découvrir beaucoup de peintures sur les murs ainsi que d’énormes toits photovoltaïques. L’habitat reste le même avec une grande double porte au rez-de-chaussée ouvrant sur une cour et un étage. Dans ces villages où tout est très propre et bien rangé, sans déchets, ce doit être agréable à vivre. De temps en temps un chantier avec de nouveau des échafaudages en bambou et puis quelques chiens. Ceux-ci ont l’habitude des petits véhicules à 2, 3 ou 4 roues et se contentent de nous regarder passer.

Nous arrivons à Xiaogang Village qui est un village important pour la Chine. L’évolution de la Chine vers la réforme a été attribuée à un accord entre les agriculteurs de Xiaogang pour subdiviser secrètement leurs terres agricoles communes en décembre 1978, après quoi la production de céréales a augmenté de façon spectaculaire. Le village a été présenté comme un modèle de réforme agricole par les nouveaux dirigeants chinois après l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping

Nous en faisons le tour avant de poursuivre notre route. Un jeune homme attend son taxi dans la traditionnelle position accroupie. Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour acheter une glace. C’est directement l’attroupement et de grandes discussions avec les gérants du magasin.

La dernière partie de l’étape se fait à bon rythme sur la bande latérale d’une route nationale qui nous amène à notre destination du jour. Nous pouvons voir un énorme pont haubanné.

Je mets bout à bout les dix petits films réalisés des différents types de routes empruntées aujourd’hui qui montrent que pour la grande majorité on a soit du site propre, soit de larges dégagements et généralement des revêtements parfaits, à l’exception aujourd’hui des détours par les villages où le revêtement était du béton, souvent fendillé et avec de mauvais joints.

C’était une étape où David et Zheng étaient particulièrement complices. En effet, certains jours, ils roulent à distance, chacun à leur rythme, mais la journée d’aujourd’hui, ils l’ont vraiment passée ensemble à discuter. Ce voyage c’est une chouette expérience père-fils évidemment. Pour Zheng, c’est le quatrième voyage avec son père, mais le premier à vélo électrique. Zheng a 18 ans, ses études secondaires ont été brillamment réussies après beaucoup beaucoup d’étude lui ayant laissé peu de temps libre. Les premiers voyages qu’il a faits datent déjà, il avait seulement 10 ou 11 ans. Ceci est une grande respiration pour lui avant de démarrer les études de médecine à l’université de Tianjin le 9 septembre prochain. Je suis chanceux de pouvoir compter sur eux. Ils roulent avec moi plus de 2000 kilomètres et consacrent cinq semaines de leurs vacances à m’accompagner. Pour un jeune de 18 ans, se coltiner deux vieux, partager chaque jour la chambre de son père, on pourrait penser que ça pourrait être barbant, mais Zheng a l’air d’y prendre du plaisir. Lui qui en plus joue l’interprète en langue anglaise. Je suis vraiment chanceux de les avoir avec moi.

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