29 juillet
Dès le matin il y a plus de 30 degrés, il fait lourd aujourd’hui, des orages sont même annoncés sur Maiji que nous allons quitter. Nous avons décidé d’aller visiter le musée local, que nous rejoignons en taxi. Je découvre que c’est ici qu’est né Fuxi, qui est considéré localement comme le premier chinois, celui qui a été enfanté par un dragon et un serpent, et qui a inventé le sigle du ying et du yang. Je découvre également un temple ainsi qu’une exposition d’objets de plusieurs dynasties. On y voit également le rôle de Maiji comme place commerçante importante sur les routes de la soie.
Il est 11 heures lorsque l’on démarre. On a aujourd’hui deux options, faire 66 kilomètres jusque Sancha town, ce qui en laissera 114 demain jusque Baoji, ou pousser jusque Dongshang 108 kilomètres, ce qui en laissera 72 jusqu’à Baoji demain. Il y a à coup sûr un hôtel à Sancha et plusieurs à Dongshang. On décide qu’on va aller jusque la première étape et qu’on décidera si on s’arrête et si on continue.
Après quelques kilomètres, on comprend que la journée sera très différente d’hier. Il n’y a plus les espaces de part et d’autre de la rivière permettant d’avoir une nationale très large avec un dégagement. La route est plus étroite, il n’y a plus de dégagement et puis c’est du up and down incessant. Mais comme la tendance est de toujours suivre la rivière et donc de descendre, il y a davantage de descente que de montée. Néanmoins, la première montée est costaude mais elle est suivie de 10 kilomètres de descente. Dans le fond, David est arrêté. Le vélo de Sam n’a plus d’assistance. On appelle donc Sam et celui-ci donne la solution, un bouton rouge qui n’aurait pas fallu manipuler a coupé l’alimentation du moteur. On se remet en route et il est 13 heures lorsque nous sommes au kilomètre 33 et on décide de prendre le lunch. On se remet en route et le ciel devient de plus en plus noir. Trois minutes après avoir pris une photo des ouvrages de génie civil que cette vallée nécessite, notamment pour la voie ferrée, tout d’un coup, l’orage éclate et il se met à pleuvoir de manière très drue. Je suis dans une montée, je m’arrête. Le temps de mettre mes vêtements de pluie, je suis déjà complètement trempé. Je protège mes équipements électroniques avec mon stock de bonnets de douche et je me remets en route en espérant trouver un abri plus loin. Effectivement, David et Zheng sont sous un quasi-tunnel et je m’y arrête. Nous y resterons 45 minutes en tentant de faire sécher nos vêtements. La pluie semble avoir cessé et on se remet en route, mais ce n’était que feu de paille. Il nous faut à nouveau nous remettre à l’abri devant un commerce pour trois nouveaux quarts d’heure. En tout cas on ne s’installera pas a l’hôtel en face. On s’occupe comme on peut en attendant que le vent ait poussé les nuages vers le sud et que nous puissions nous remettre en route. Pour la deuxième fois, un jour de pluie, lorsque celle-ci a été violente, j’ai des difficultés avec la gestion de mon assistance. Je n’en ai plus le contrôle. Si je demande par exemple 300 watts, le système en envoie 800, puis 200, puis 600, puis 900. C’est particulièrement difficile à contrôler seulement avec le pédalage. Mais je sais qu’en séchant, les choses vont revenir dans l’ordre. Nous continuons à avancer dans ces décors magnifiques de montagne, avec toujours ces up and down et de temps en temps des passages dans des tunnels. Il est 16h30 lorsque nous arrivons à Sancha, au kilomètre 66, alors qu’on a quitté Maiji à 11h. On fait un arrêt parce que le vélo de David a une crevaison lente à l’arrière. Et à 17h, on décide qu’on va faire les 40 kilomètres qui restent jusque Dongchang. Après quelques kilomètres, je me rends compte que le display du moteur pédalier Bafang est arrêté. Je tente de le relancer sans succès. Je m’arrête, je vérifie toutes les connexions, je les inverse. Rien n’y fait, il ne redémarrera pas. Je dois donc me contenter du moteur arrière, moteur roue, qui heureusement a retrouvé une stabilité dans les commandes d’assistance. Nous progressons et à quelques kilomètres du but, voilà que je n’ai plus d’assistance sur le moteur roue non plus. Je dois donc terminer en manipulant mon booster pour envoyer de l’assistance « a la main » lorsque la côte le nécessite. On se pose enfin à 19h dans un (tout) petit hôtel, après avoir visité deux hôtels affichant complet, suite à un chantier voisin sur le chemin de fer. On prend le repas. Je contacte Guillaume à Martigues, mon vélociste. Il n’a pas vraiment de solution pour moi. Sans doute faut-il changer le display du moteur Bafang. Ça tombe bien, c’est un moteur chinois et on est en Chine. Avant de faire ma publication du jour, j’appelle Joëlle, mais je suis interrompu: la police est arrivée et veut me faire déménager. L’établissement dans lequel je suis est plutôt un restaurant qui a des chambres, pas vraiment un hôtel et donc pas la possibilité de faire toutes les formalités nécessaires avec mon passeport. Je marque mon mécontentement de devoir changer d’établissement à 22h et après de longues négociations, la consultation d’un supérieur hiérarchique, je suis finalement autorisé à rester sur place. Le policier terminant par un vibrant « Welcome to China ».
Voilà donc une vraie journée d’aventure avec plein de galères. Il va falloir récupérer, malgré le karaoké en cours en bas, jeter un œil sur le vélo demain matin et repartir pour notre courte étape vers Baoji qu’on espère plus calme.
Photo sur Polarsteps