Mais qui donc a la clé du cadenas ?

30 juillet.

Aujourd’hui doit être la journée récompense des efforts faits hier. Une courte étape de 71 km devant nous conduire à Baoji. C’est donc un changement de province chinoise. Après les Provinces du Xinjiang et de Gansu, où se trouve Dongchang, nous rejoignons la province de Shaanxi. Avec deux a parce qu’il y a aussi la province de Shanxi avec un seul a. Pour faire simple.

Nous quittons notre logement qui est en fait une salle de banquet de mariage. Avec d’autres salles privées pour des événements. Avec des petits airs de serre tropicale. Au moment de démarrer, David se rend compte que son pneu arrière est de nouveau plat. Une nouvelle réparation s’impose. Et comme c’est la troisième dans des emplacements proches, on fait une bonne inspection de l’intérieur du pneu. Et on y met des couches de collants pour éviter que ça se reproduise.

Komoot me donne un gros dénivelé encore aujourd’hui malgré le faible kilométrage. Pourtant lorsque nous nous mettons en route après avoir pris le petit déjeuner en ville et que David ait pris contact avec Bafang, force est de constater que la nationale au delà de Dongchang a été rénovée et que les up and down ont été lissés. Elle est toujours globalement en descente le long de la rivière. Avec de temps en temps une petite côte.

La nationale est étrangement calme.Ce qui nous laisse le loisir d’observer tous les ouvrages d’art qui permettent le passage de l’expressway et des deux lignes de chemin de fer qui vont de pont en tunnel. Nous aussi nous passons de temps en temps dans un tunnel. Pour la première fois nous voyons l’indication Xi’an, notre destination de vendredi, qui ce soir sera à moins de 200 km.

On a à peine fait 20 km que l’on comprend pourquoi il n’y a pas de camion sur la nationale. Elle est barrée parce qu’un tunnel est en cours d’élargissement. C’est donc un chantier fermé en amont et en aval. Si Komoot nous fait passer dedans, le GPS chinois nous envoie à droite pour faire un contournement par la montagne. Néanmoins, on voit sortir une voiture qui a remonté le chantier. Après avoir analysé le dénivelé, je me rends compte que le détour va nous faire passer des côtes à 14, 16 et même 21%. Avec mon vélo lourd et sans moteur pédalier, c’est sans doute impossible. On décide donc de faire les innocents: comme la barrière amont est ouverte, on se lance dans le tunnel qui est tout à fait praticable pour les vélos. A la sortie, on se trouve devant la barrière aval qui est fermée par un cadenas. On remonte donc, on questionne les ouvriers pour savoir où est le chef de chantier. Personne ne peut nous répondre. On se dit qu’on va quand même tenter la montée par la montagne, quitte à donner les bagages à un véhicule et à pousser si besoin. On déchante très vite: après 500 mètres, ce n’est plus de l’asphalte. Cela devient un chemin de terre. C’est irrémédiablement terminé pour cette solution-là. On avise un jeune homme qui sort des bureaux de l’administration et qui nous indique que le chef de chantier est en train de déjeuner et qu’après son lunch, on va pouvoir obtenir l’ouverture de la barrière aval. On attend dans les bureaux un certain temps. Il nous indique que l’on peut démarrer. Après un petit tour aux « toilettes », nous repassons donc le tunnel une deuxième fois après avoir discuté avec le gardien de la barrière amont revenu à son poste et en passe de la fermer (la barrière). Nous nous trouvons de nouveau devant la barrière aval et son cadenas et nous attendons. À ce moment-là, on n’est pas loin des 40 degrés. Il est presque 13 heures. Cela fait maintenant deux heures que l’on est sur le site. À un moment donné, on voit arriver un petit homme avec un chapeau de paille qui descend vers la barrière. Nous croisons les doigts pour que ce soit lui notre délivrance. Lorsqu’il s’approche, on se rend compte qu’il a à la taille une clé. Bingo ! C’est la clé de la barrière aval. Il l’ouvre et derrière, il y a la voiture du chef qui revient de son lunch, qui ne peut que nous autoriser à poursuivre notre chemin puisqu’on a déjà traversé le chantier. On passe la barrière sans demander notre reste. En regardant dans les rétroviseurs le chantier qui s’éloigne.

On peut donc poursuivre notre route, découvrir un site touristique, passer par la déviation d’un contrôle de police qui, cette fois, ne nous arrête pas, faire un arrêt dans une station-service pour y trouver des petites bouteilles de Nescafé. Et nous pouvons repartir avec mes deux camarades masqués. Après cela, nous avons une longue montée, un très long tunnel au-dessus et puis c’est la plongée vers Baoji.

J’ai bien fait de profiter des décors de montagne et des paysages fabuleux rencontrés encore aujourd’hui parce que cette fois-ci, on plonge et les montagnes sont derrière nous.

Baoji est une ville tout en longueur. On voit à l’entrée le grand timonier qui la salue. On passe la rivière qui ici est à sec. On découvre les grands immeubles de ville et on dispose de pistes cyclables colorées en vert qui nous permettent de rejoindre l’hôtel que David a sélectionné qui est même dix kilomètres avant le centre de Baoji. Dès lors, notre étape en fera à peine 62.

Grosse négociation avec le desk de l’hôtel qui nous indique qu’il est impossible de faire une recharge chez eux mais finalement nous trouve des places en sous-sol dans le parking où, après s’être rendu compte que ni Zheng ni moi n’avons la cordelière de Sam, nous pouvons mettre en charge après en avoir acheté une nouvelle.

Cette fin d’après-midi, je vais aussi m’occuper de faire une inspection du vélo avant de repartir demain pour les deux dernières étapes devant nous amener à Xi’an.

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